L'intoxication par le monoxyde de carbone est la première cause de décès par intoxication en France.
Elle cause la mort de plusieurs centaines de personnes chaque année en France.
Dans un cas sur deux, on constate une absence d'aération.
Les familles socialement et économiquement fragiles sont plus exposées au risque d’intoxication au CO car les appareils de chauffage sont vétustes, leur entretien et celui des systèmes de ventilation peut être négligé par souci d’économie.
Il y a rarement une seule victime, mais plus souvent toute une famille, parents et enfants.
Des cas d’intoxication collective sont observés régulièrement dans des grandes surfaces, des restaurants, des églises ou des patinoires, faisant alors plusieurs dizaines de victimes de tous âges.
Les enfants sont particulièrement touchés par cette intoxication : plusieurs centaines d'enfants sont victimes d'intoxication oxycarbonée et sont hospitalisés dans un état grave.
La tranche des 20-29 ans est très touchée également (chambre d'étudiant dans les combles des immeubles pour lesquelles ils utilisent souvent des petits chauffages d'appoint, très dangereux lorsqu'ils sont utilisés en permanence).
Le monoxyde de carbone agit comme un gaz asphyxiant très toxique. Il prive le cerveau d'oxygène. Il se fixe à la fois sur les globules rouges du sang en empêchant le transport de l’oxygène des poumons aux tissus, et sur certains constituants de la cellule bloquant ainsi la respiration cellulaire.
Il peut s’avérer mortel en moins d’une heure.
La victime a donc ses tissus en état d’asphyxie alors qu’elle respire une quantité normale d’oxygène. Le cerveau, qui de part son activité est le plus gros consommateur d’oxygène, est atteint très rapidement. En cas d’intoxication prolongée ou si le traitement est insuffisant, des lésions irréversibles peuvent apparaître (décès, séquelles neurologiques).
De plus, même en petite quantité, le monoxyde de carbone peut nuire aux fonctions normales de la pensée qui nous avertissent habituellement du danger : le CO nous donne une fausse sensation de sécurité.
Il existe 2 types d'intoxication :
- l'intoxication faible, dite "chronique" qui se manifeste par des maux de tête, des nausées, une confusion mentale. L'intoxication peut être lente et ne pas se manifester immédiatement.
- l'intoxication aigüe qui entraîne des vertiges, une perte de connaissance, une impotence musculaire, voire le coma et le décès
- 0,1 % de CO dans l’air tue en une heure
- 1 % de CO dans l’air tue en 15 minutes
- 10% de CO dans l’air tuent immédiatement
Chez la femme enceinte
Le bébé est particulièrement exposé car il ne reçoit son oxygène que par l’intermédiaire du sang maternel. Lors de l’intoxication au CO, on constate une diminution précoce et conséquente de la quantité d’oxygène qui lui arrive alors que ses besoins sont très élevés puisque ses organes et surtout son cerveau sont en phase de développement.
L'intoxication au monoxyde de carbone est un risque domestique majeur. Même conscientes, les victimes sont incapables de fuir dans la plupart des cas, n'étant plus capables de réagir correctement.
Sans l'aide des secours elles peuvent mourir dans un délai très bref.
Toutes les personnes présentes sont intoxiquées en même temps. Les femmes enceintes et les jeunes enfants sont plus gravement et plus rapidement intoxiqués. Il est trop fréquent en France de constater malheureusement le décès d'une famille entière par intoxication oxycarbonée.
Les intoxiqués, même légers, sont transportés vers l'hopital et mis sous oxygénation pour accélérer l'élimination du monoxyde de carbone. Les intoxiqués plus graves sont placés en caisson hyperbare pour une séance de 90 minutes. Après l'accident, un suivi médical est assuré pour éviter les récidives.
Le coût de prise en charge d'un patient intoxiqué a été évalué entre 1 500 et 6 000 €uros.